Il n’est pas facile pour une sophrologue de développer sa clientèle. La demande est très fluctuante. Parfois quelques appels, parfois rien. Il y a bien sûr des praticiennes qui gagnent bien leur vie, mais en réalité elles vivent surtout de leurs interventions en entreprise et de la formation. Pourtant, les demandes en sophrologie augmentent et notre profession est de plus en plus reconnue. La plupart des sophrologues communiquent, font de beaux sites internet, prennent des contacts, se démènent… Alors que se passe-t-il ?

Il se passe une chose très simple, c’est que les demandes en sophrologie (comme en psychothérapie) dépendent avant tout de l’intériorité de la sophrologue. Je ne dis pas seulement que la sophrologue doit prendre soin d’elle et pratiquer… C’est nécessaire, mais pas suffisant… Je dis qu’elle doit s’engager dans un processus continu de travail sur soi.

Nos clients ne nous arrivent pas par hasard

Beaucoup de nos collègues pensent à tort (souvent, c’est ce qu’on nous a dit en formation) que parce qu’en sophro on travaille sur le conscient, l’inconscient ne compte pas. En réalité, c’est bien l’inconscient qui régit en priorité notre relations avec nos “clients” (ou patients). Cette connexion que nous avons avec tel ou telle ne se fait pas par hasard. Ce n’est pas de la magie, ni de la télépathie, c’est juste que (comme en amitié, comme en amour, comme dans tout !) nous attirons (ou pas !) certaines personnes, en fonction de ce que nous sommes, et de notre propre histoire.

Ces personnes qui ne nous ont pas choisies par hasard vont interagir avec nous. Elles vont réveiller, parfois à notre insu, des émotions profondes. Nous allons nous sentir en harmonie avec elles, ressentir beaucoup d’empathie… et nous serons complètement abattues lorsqu’elles disparaîtront sans explication. Ou alors nous serons complètement bloquées. “Heu… C’est comment déjà la RD1 ? Et ça sert à quoi au fait ?”

Et oui, c’est cela la réalité des consultations individuelles (et parfois du groupe, mais un peu différemment). Et nos outils, nos techniques, si merveilleux soient-ils, ne constituent pas une échappatoire à ce phénomène. La bonne distance, la posture professionnelle, l’idée que “moi je ne suis pas psy mais je transmets un outil”, c’est peut-être vrai, mais ça ne suffit pas…

La supervision permet de mettre à jour des processus inconscients

Les sophros connaissent bien leur technique, elles sont généralement “pros”, sérieuses, elles y croient. Donc quand elles se retrouvent dépassées, c’est très rarement pour un problème technique. C’est qu’elles sont prises sans s’en rendre compte dans ce que les analystes appellent transfert et contre-transfert, et qu’elles n’arrivent pas à s’en dépatouiller. Ce qui est bien normal, parce qu’il est très difficile de s’en sortir toute seule ! C’est bien pour cela qu’il y a la supervision. Son rôle, ce n’est pas de dire ce qu’il faut faire ou pas (les sophros connaissent leur boulot). C’est de permettre aux praticiennes de mettre à jour ces processus inconscients.

Chaque accompagnement bien vécu est un dépassement. La sophrologue se connaît mieux, elle ouvre un espace. Elle peut accueillir plus de personnes, parce qu’en elle quelque chose a bougé. En travaillant sur elle, elle a permis à l’autre d’aller plus loin. Si cette progression ne se fait pas, elle stagne… et son activité stagne. Et dans bien des cas, malheureusement, elle arrête. Quel dommage ! Voilà pourquoi je vous invite à rentrer dans ce processus. Avec un psy, un thérapeute, un groupe… Le développement de votre activité en dépend.

J’ai eu connaissance d’autres cas. Une activité qui démarre plutôt bien. La sophrologue développe rapidement ses séances, ses groupes, elle est super contente. Et 3 ans après, elle en a marre, elle est dégoûtée, elle arrête. L’entourage ne comprend pas : “Mais c’est ce que tu voulais faire ! Qu’est-ce qu’il se passe ?” Ce qui se passe, c’est qu’après avoir volé au secours d’un tas de gens, sans tenir compte de ses propres ressentis, elle s’est épuisée. Prévenir cela, c’est aussi le rôle de la supervision…

Alors ne restez pas seule avec vos doutes ! Rejoignez-nous !